La Genèse

JoyshantiLe 12 janvier 2010, un tremblement de terre a dévasté mon île.
Je me suis rendue en Haïti pour offrir à de jeunes artistes qui croyaient avoir tout perdu, un stage de formation artistique pluridisciplinaire, afin qu’ils soient aptes à devenir animateurs artistiques dans les camps de réfugiés.
Munie de ma guitare et de mon expérience « d’artiste à tout faire », j’ai puisé dans ma boîte à outils d’auteur, compositeur, danseuse, chorégraphe, professeur des arts de la scène, coach et psychothérapeute, pour créer avec eux une expérience artistique et humaine qui a bouleversé ma vie.

Nous avons battu le tambour, chanté, dansé, composé, écrit, sur cette lancinante question du « Pourquoi ? ».

Le miracle est arrivé lorsque ces pianistes sans piano, ces dramaturges sans crayon, ces acrobates sans jambes, ces peintres sans pinceau ont su transformer ce « Pourquoi ? » en « Puisque c’est ainsi, voilà ce que nous allons bâtir ! »
Ils ont su créer des notes, des chants, des danses, des tableaux, des livrets, des spectacles joués entre deux manguiers, avec des décors de fortune offerts par la nature, et une foi qui faisait sourire les montagnes …

Lorsque ces merveilleux artistes m’ont raccompagnée à l’aéroport, ils m’ont dit « Madame Dominique, si le Goudougoudou (tremblement de terre) est arrivé ici, il
peut arriver partout, et c’est collectivement que nous tous : les provisoires habitants de la planète, devons prendre conscience que la Terre est notre bien le plus précieux. Tu nous as appris que, lorsque quelque chose nous semble important à partager, il faut le chanter, le danser, le jouer et le peindre afin de lui donner vie … alors s’il te plaît : va chanter, danser, jouer et peindre pour nous à Paris et ailleurs, pour que chacun se souvienne que nous  sommes enfants de la même Terre et qu’elle tremble de désir de nous voir créer une paix durable en la protégeant ! ».
A travers ce conte philosophique et musical, je veux rendre modestement hommage à ce chant d’amour qui ne saurait être le chant d’un cygne isolé, mais le signe d’une mutation profonde de nos consciences solidaires.

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